Dans le cadre du programme Paysage Industriel, les Parcs naturels régionaux ont souhaité interroger l’héritage industriel et ses mutations. Pour les Boutières, il s’agit de poser un regard sur la mémoire de l’usine Murat et sur l’activité du bijou tout en établissant un lien avec les anciens salariés. Avec comme point de départ envisagé : l’usine en l’état avec ses machines et ses outils.
La région des Boutières est un important foyer d’industrie et d’artisanat au centre ouest de l’Ardèche dans la vallée de l’Eyrieux. En 2010, l’ancienne Communauté de communes des Boutières décide de racheter le site de l’usine Murat incarnant à la fois le berceau de l’industrie du bijou et la mémoire ouvrière. L’usine doit maintenant s’inscrire dans l’avenir du territoire, ce qui suscite de nombreuses questions : de quels savoir-faire et de quelle identité parle-t-on, que valoriser et transmettre aux générations futures ?
Les commanditaires souhaitaient une approche artistique de l’usine dans son état actuel, mettant en valeur ses machines et ses outils pour en révéler l’essence et l’histoire. Ils ont également demandé des échanges avec les anciens ouvriers, afin de recueillir leurs témoignages et leur lien émotionnel avec ce lieu. L’objectif était de créer une œuvre immersive, ouverte au public, qui célèbre la dimension humaine et inventive du travail industriel.
À travers les échanges avec les ouvriers, Lani Maestro a révélé la créativité cachée derrière chaque pièce fabriquée. Son installation ces MAINS s’expérimente de l’extérieur vers l’intérieur de l’usine : une phrase en néons bleus (« Si vous devez prendre ma vie, laissez-moi les mains », extraite d’un poème de José Perez Beduya) orne un mur visible depuis la rue, tandis que des panneaux bleus obscurcissent les ouvertures. À l’intérieur, trois anciens établis exposent des outils recréés avec Joël Haond, ouvrier de l’usine, accompagnés d’une composition sonore évoquant les voix et l’ambiance du travail. »




