Qu’y a-t’il de l’autre côté ? Des habitantes et habitants d’Excideuil passent commande d’une œuvre afin de repenser les possibilités de lien entre les différentes parties du bourg.
À Excideuil, le projet urbanistique, conçu comme une arborescence de petits équipements, permet de relier le collège aux espaces naturels en passant par le village. Le centre de loisirs, que borde la rivière Loue, occupe une place privilégiée dans le dispositif. Il est en effet situé à la jonction du bourg et du vaste espace naturel nommé La Prairie. Au-delà de la Loue, vers Saint-Martin, se déploie un vaste espace naturel bordé par des falaises karstiques dont une partie, accessible, peut servir de mur d’escalade. Mais la Loue crée aujourd’hui une rupture dans ce paysage car l’ancienne passerelle a été emportée par une crue récente. Ne plus pouvoir franchir la rivière limite les potentialités offertes par le site aux habitant·es et promeneuses et promeneurs.
C’est l’artiste Pierre Lafon qui est choisi pour répondre à cette commande. D’un dessin minimal et sobre, affirmant une franche linéarité tout en présentant un caractère massif, la passerelle pensée par l’artiste se compose de deux poutres de béton juxtaposées mais très légèrement espacées. Ce vide permet aux passant·es de regarder l’eau s’écouler, donnant l’impression d’une légèreté contrastant avec la rusticité de la pierre de Baysse. L’artiste précise : « Le dessous des poutres, non-visible, forme un V tourné vers la rivière qui agit tel « un œil » et constitue un capteur et un réflecteur pour la lumière de l’eau projetée en direction du passant à travers « le jeu et la tolérance » entre les blocs. La focale varie en fonction de la hauteur de l’eau et établit pour l’ouvrage un échange avec la rivière. »
La passerelle s’appréhende comme un signal dans le paysage, invitation à aller découvrir ce qui existe de l’autre côté de la Loue.





