Des étudiantes et étudiants en Carrières Sociales de l’IUT de Rennes et leur enseignant s’associent à une artiste pour révéler le campus Beaulieu, questionner ses usages et renforcer les liens, les valeurs et les pratiques du monde socioculturel par l’art.
Un groupe d’étudiantes et étudiants du département Carrières Sociales de l’IUT de Rennes et leur enseignant Philippe Dorval ont constaté un manque de communication entre les individus d’une même promotion, entre les promotions et entre les différentes formations dispensées sur le campus. En souhaitant travailler avec un·e artiste, ces étudiant·es ont voulu être le moteur d’un changement, signifier l’esprit d’ouverture qui les anime et affirmer certaines valeurs telles que se connaître, s’identifier, se parler. Cet demande a été pour eux l’opportunité de travailler par le biais de l’art des questions de fond sur leur formation comme le renouvellement des pratiques dans le champ socioculturel, les usages d’espaces, les normes.
Le campus Beaulieu est conçu sur le modèle des américains, constitué de nombreux bâtiments intégrés à de vastes zones de pelouses sillonnées par des routes. Lara Almarcegui souhaite amener les commanditaires à regarder davantage le contexte et le paysage dans lequel ils et elles évoluent. Elle leur propose de calculer la masse des matériaux ayant servi à construire la totalité des bâtiments du campus. L’identification des matériaux et leur calcul a demandé de constituer une équipe composée des commanditaires, mais aussi d’étudiant·es et d’enseignant·es d’autres formations du campus. Matériaux en construction prend la forme d’un texte, la liste des différents matériaux et leur masse, directement peint sur l’un des bâtiments du campus.
Lara Almarcegui propose un regard inhabituel sur l’architecture et sur l’urbanisme, révélant l’organisation d’un quartier ou d’une ville selon leur histoire et les choix successifs opérés : « Je voudrais regarder comment une construction, après sa décomposition, devenue une sculpture, entre en rapport avec la nature et le lieu. […] Parfois des étudiants se souviendront qu’il y a un bâtiment du campus enterré sous la pelouse, d’autres personnes ne le sauront pas, ou on se trompera sur le lieu de l’enterrement. Je trouve intéressante la manière dont le projet devient une histoire, peut-être vraie ou peut-être inventée. » (Extrait du texte de l’étude de Lara Almarcegui)


