À Chassignol, près de Thiers, la Maison l’Arc-en-Ciel accueille une cinquantaine d’enfants de 4 à 15 ans, issus de familles en difficulté. Son rôle éducatif est essentiel : offrir un cadre bienveillant à des enfants traversant des épreuves. Pourtant, son image souffre d’un malentendu. La façade grise et close de l’institution évoque l’enfermement plutôt que la protection, alimentant une perception négative auprès du public.
Face à ce décalage entre la réalité de leur mission et son apparence, les équipes de la Maison l’Arc-en-Ciel lancent une réflexion collective. L’objectif est clair : transformer l’image du lieu pour qu’elle reflète sa vocation sociale — un espace de vie, de lumière et d’apaisement. Le mur d’enceinte, interface entre l’intérieur et l’extérieur, devient le symbole de cette métamorphose. Il doit incarner la beauté du projet éducatif, tout en rétablissant un équilibre architectural harmonieux.
Les commanditaires souhaitent une intervention qui restaure la dimension humaine et positive du site. Deux enjeux majeurs émergent : rendre visible l’invisible : faire transparaître, à travers les murs et les bâtiments, la chaleur et l’espoir portés par l’équipe éducative. Créer une unité visuelle : harmoniser les volumes disparates pour inspirer sérénité et équilibre, en phase avec le nom même de l’institution — l’Arc-en-Ciel, symbole de lumière et de diversité.
L’artiste Cécile Bart propose une mise en couleur des bâtiments, fondée sur une gamme chromatique pensée pour dialoguer avec le lieu et sa mission. Les bleus et verts s’harmonisent avec le parc naturel adjacent, évoquant la nature apaisante. Les bruns-rouges structurent l’espace, soutenant la reconstruction psychique des enfants. Les jaunes apportent énergie et chaleur, dynamisant l’ensemble.
Les couleurs, déclinées en dégradés fluides, unifient les constructions et les intègrent au paysage, sans rupture. Le résultat est une architecture vivante, où chaque teinte raconte une histoire de résilience et d’espoir.




