Les membres de l’association Arbre, de l’association Engivane et le Parc naturel régional du Vercors ont passé commande d’une œuvre qui mette en avant le passé du territoire du Royans-Vercors, et notamment l’artisanat traditionnel et la tournerie-tabletterie, tout en pensant l’avenir et en rendant compte des énergies en présence.
L’artisanat traditionnel, et en particulier la tournerie-tabletterie, a marqué l’histoire du Royans-Vercors. Entre les années 1950 et 1980, ce secteur a connu un âge d’or, comptant jusqu’à cinquante entreprises et plus de six cents ouvriers. Aujourd’hui, seuls quatre ateliers subsistent. Face à cette mutation, la commande artistique vise à tisser un lien entre passé et présent, tout en reflétant la diversité et les enjeux contemporains du territoire.
La demande s’inscrit dans une volonté de préserver la mémoire industrielle tout en ouvrant de nouvelles perspectives. Il s’agit de rendre hommage à un savoir-faire en déclin, mais aussi d’interroger son avenir. L’œuvre doit ainsi incarner à la fois un héritage et une projection, en s’appuyant sur les réalités sociales, économiques et culturelles du Royans-Vercors.
Michel Aubry choisit de décloisonner son propos et d’associer le projet du Vercors à celui mené en parallèle dans le Parc du Pilat. Son inspiration puise dans trois œuvres majeures : Paysage avec travaux de la mine (1544) de Herri met de Bles, Le Feu (1606) de Jan Brueghel l’Ancien, et La Sixième Partie du monde (1927) de Dziga Vertov. Ces références, mêlant industrie et nature, servent de socle à sa création.
Aubry s’inspire d’une séquence de La Sixième Partie du monde, où une chamane sibérienne danse dans un costume chargé de symboles, à la fois protection et lien avec les éléments naturels. Il réinterprète ce costume en y intégrant des tubes sonores, fabriqués selon la tradition de la tournerie. « Le son relie, comme la chamane, les éléments de la forêt aux objets matériels », explique-t-il. L’œuvre, activée le 27 septembre 2014 par une performance de Marianne Baillot, vit depuis à travers des variations chorégraphiques annuelles, portées par des associations locales.





