L’association Iguerande et le Parc naturel régional du Pilat, en lien avec des habitantes et habitants, anciennes et anciens travailleurs du Pilat, souhaitent valoriser la mémoire industrielle du territoire et la transmettre à travers une commande artistique.
Le Pilat, marqué par un passé métallurgique, conserve peu de traces architecturales de cette époque. Seuls persistent le souvenir d’un labeur pénible, rythmée par la poussière noire, et une culture ouvrière ancrée dans la fabrication d’objets finis. Face à ce patrimoine immatériel, la commande artistique interroge : comment restituer la place d’une industrie disparue dans un paysage dont les ressources ont pourtant façonné l’histoire ?
Portée par l’association Iguerande et le Parc naturel régional du Pilat, la commande vise à préserver et transmettre un héritage industriel en voie d’oubli. Le défi est double : rendre tangible une mémoire collective fragmentée et inscrire cette histoire dans le paysage actuel, où les vestiges matériels se font rares.
Michel Aubry répond à cette problématique en explorant l’environnement sonore du Pilat, marqué par les forges, les pierres de cloutiers et les ateliers de sous-traitance. Son projet s’attache à enregistrer les sons résiduels de ces activités, transformant ces traces éphémères en matière première pour une création artistique. À partir de ces enregistrements, Michel Aubry édite sept disques vinyle, réunis en deux coffrets, et conçoit avec des entreprises locales une paire de platines et une table de mixage. Ces outils permettent de composer des paysages sonores à partir des échantillons gravés. L’œuvre a été révélée lors d’un concert-performance de Matthieu Crimersmois le 4 juillet 2014, dans l’usine Sainte-Julie, réactivant ainsi la mémoire industrielle par le son.






