Les communes de la rive gauche de l’Isère, situées dans l’ombre de Grenoble et sur l’axe historique alpin méditerranéen, subissent une pression foncière croissante. Face à l’urbanisation et à la restructuration en communautés de communes, ces villages cherchent à préserver leur identité, profondément liée à un passé industriel et ouvrier qui a marqué plusieurs générations.
Dans ce paysage en mutation, les anciens sites industriels — comme la fonderie royale de canons de Saint-Gervais ou les carrières de l’Echaillon — restent ancrés dans l’imaginaire collectif. La commande vise à interroger cette mémoire, tout en évitant une approche purement nostalgique ou locale.
Cependant Susanne Bürner n’a pas souhaité circonscrire uniquement ses recherches à l’histoire de des deux communes, elle s’est imprégnée de la géographie des lieux, a visité de nombreux sites et collecté des récits ainsi qu’une riche iconographie sur l’histoire industrielle des deux rives de l’Isère. Au fil de ses réflexions, le rôle de la rivière lui est apparu structurant. Elle facilitait la circulation des biens, des personnes et de la main d’œuvre grâce aux ponts, bateaux, radeaux et bacs à traille. Sa forte présence au pied des coteaux du Vercors impressionne toujours le voyageur.
C’est d’ailleurs à travers le regard d’un étranger, en l’occurrence un jeune batelier, que Susanne Bürner propose une fiction qui prend la forme d’un film, La Traversée. L’édition des deux léporellos L’Isère et Le Travail associent images, dessin d’archives et ses propres photographies.







